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Valeurs asiatiques

Critique des valeurs asiatiques

Les critiques des valeurs asiatiques ont rejeté les revendications en leur faveur comme des tentatives de consolider un régime autoritaire et illibéral contre des opposants intérieurs et extérieurs et d’occulter les faiblesses du modèle de développement économique asiatique. La crise financière asiatique de 1997-98 a semblé donner raison à certains de leurs arguments. Certains critiques ont accusé le discours sur les valeurs asiatiques de reposer sur des stéréotypes simplistes des cultures asiatiques et, à cet égard, de ressembler à l’orientalisme qui a longtemps caractérisé les études occidentales sur les sociétés asiatiques et arabes. D’autres ont souligné l’apparente contradiction entre l’antilibéralisme épousé par les partisans des valeurs asiatiques et leur promotion d’un développement axé sur le marché, qui a remis en question et perturbé l’ordre social établi. Enfin, les théoriciennes féministes considéraient le discours sur les valeurs asiatiques comme une tentative de légitimer les hiérarchies de genre, de classe, ethniques et raciales ancrées dans les cultures asiatiques, dans le modèle de développement asiatique et dans les relations sociales capitalistes plus larges.

Le débat sur les valeurs asiatiques est pertinent pour les arguments de la théorie politique sur la question de savoir si les engagements en faveur de la justice et de l’égalité mondiales peuvent être fondés sur les droits de l’homme. S’inscrivant en faux contre l’hypothèse occidentale selon laquelle les structures politiques libérales sont le point de départ pour faire progresser le bien-être humain, des communautariens tels que Charles Taylor ont réfléchi aux expériences culturelles asiatiques pour examiner le potentiel et les défis de l’établissement d’un consensus mondial plus inclusif, non forcé, mais robuste, sur les droits de l’homme. Une littérature de plus en plus abondante, notamment celle associée au communautarisme confucéen et à l’islam réformiste, s’est penchée sur la question de savoir si certaines valeurs et institutions des sociétés asiatiques sont compatibles avec les droits de l’homme. Daniel A. Bell, un philosophe canadien spécialiste de la pensée confucéenne, a soutenu que de nombreuses « valeurs en Asie », par opposition aux « valeurs asiatiques », peuvent à la fois enrichir la théorie et la pratique mondiales des droits de l’homme et être déployées pour améliorer la dignité et le bien-être des Asiatiques contemporains.

Susan J. HendersLes éditeurs de l’Encyclopaedia Britannica.

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